La presse

Accompagnée par Eole, la 19e édition des Boucles de la Saône a marié avec bonheur l’élite et la masse. Indémodable.

C’est une évidence, les Boucles de la Saône ont atteint une forme de plénitude.

Les 160 bénévoles emmenées par l’emblématique André Antoine filent le parfait amour avec une épreuve qu’ils ont enfantée il y a près de vingt ans. La recette du succès épouse les contours d’une philosophie évidente : faire cohabiter le coureur lambda avec les ténors du bitume, sans disparité de traitement. Concept simple à formuler, beaucoup moins à concrétiser.

Aujourd’hui, l’épreuve grayloise a atteint cette alchimie subtile. Et la 19e édition, dimanche, n’ a pas dérogé à la règle. Dès le matin, les jeunes bambins des écoles d’athlétisme du coin ont croqué dans leur morceau de gloire. 221 jeunes pousses ont rallié l’arrivée en bombant légitimement le torse devant les regards remplis de fierté des membres de leurs familles.

Ce bain de jouvence bien mené, il restait à réunir plusieurs ingrédients pour que la journée puisse être couronnée de succès.

Au premier rang des craintes figurait la météo. Si le vent revenait en boucle dans les propos, la pluie a joué les intermittents du spectacle. En prenant soin d’épargner les deux courses reines comme celles des plus petits pour ne morceler que le protocole final.

Le spectacle d’Elena Fétizon

Côté bitume, là encore, difficile de trouver à redire. Près de 1.200 participants sont allés au bout de leur effort. Une adhésion sans faille.

ET pour conduire ce formidable serpent humain, il fallait des locomotives huppées. Avec Kader Mahmoudi, le 10km pouvait difficilement rêver mieux. Membre de l’élite nationale sur 1.500m, habitué aux lauriers sertis de primes, le Dellois a affolé le chronomètre. Deuxième succès de rang. « Et je reviendrai avec plaisir » confiait l’intéressé loin d’être insensible à la convivialité ambiante. Sur le semi-marathon, les titres régionaux ont pris l’accent bisontin. Damien Guignot et Oksana Kogout-Clerc ont toutefois dû se contenter de la médaille d’argent derrière deux invités venus en voisins (Adil Ghorbil de Beaune et Elena Fétizon de Reims).

Cette 19e édition aura également offert quelques scènes cocasses.

Comme un coureur du 10km brandissant durant toute sa course le drapeau breton. Ou une invitation lancée à la volée par le Vésulien Salan Soltani, pour le soir même, au Sochalien Eric Laureillard qui ralliait le 14e kilomètre. Invitation déclinée au terme d’une brève discussion en plein effort.

Et que dire de la démonstration de la Champenoise Elena Fétizon, partie sur des bases chronométrique impressionnantes, avec son mari constamment à ses cotés pour la motiver.

Première féminine, madame Fétizon, 11e du général, aura quand même laissé plus d’un millier de… messieurs derrière elle. Et Toc !

Partager

Laisser un commentaire