La presse

Kader Mahmoudi n’avait pas d’adversaire à sa mesure sur le venteux parcours graylois. Colomina et Troussard se sont aussi illustrés.

GRAY.- Le plaisir est un maître-mot en toutes choses. C’est peut-être pour l’avoir en partie oublié, que le sociétaire de l’AUA, Kader Mahmoudi, avait raté ses championnats de France à Salon-de-Provence “J’étais cuit, saturé. Je n’avais plus envie. C’est aussi simple que cela”.
Revenir aux sources, même si la course sur route n’a jamais été pour lui un véritable pôle d’attraction, c’était en quelque sorte renouer avec des sensations qu’il connaît et qu’il apprécie. D’ailleurs le lauréat, indiscutable, du 10 km de cette dix-huitième édition des Boucles de la Saône ne boudait pas le côté agréable de l’affaire “J’avais complètement coupé l’entraînement après les championnats de France. Et je songeais simplement à reprendre aujourd’hui avec un petit footing, quand les organisateurs de l’épreuve m’ont contacté. Je suis venu pour leur faire plaisir et me faire plaisir”.

Ce qui n’a sans doute pas franchement contenté les autres vainqueurs potentiels de ce 10 km qui allait se résumer à la plus simple expression d’une course : il y avait Mahmoudi et les autres.
Le sociétaire de l’AUA Dellois partait en tête au coup de feu du starter, personne ne le reverrait jamais, excepté le Haut-Marnais Szczepanski (Langres) qui faisait un peu illusion en recollant à la foulée de Mahmoudi aux alentours du troisième kilomètre. Le futur vainqueur raconte la suite “Je l’ai senti sur mes talons à ce moment-là. En plus avec le vent de face, ce n’était pas facile. J’ai accéléré à nouveau pour me débarrasser de lui. Je ne cherchais pas vraiment à faire un temps, je voulais simplement reprendre goût à la compétition et préparer ma saison sur piste”. Comme préparation, Kader Mahmoudi ne pouvait guère souhaiter mieux. Il poussait loin devant, détaché, et sans forcer son talent outre mesure. A l’instar d’ailleurs de l’autre grand vainqueur du jour, le Haut-Marnais Stéphane Colomina qui dominait de la tête et des épaules l’autre épreuve phare de la journée, le semi-marathon. A la différence près toutefois que Colomina s’avouait un peu déçu de sa performance “J’étais vraiment venu pour réaliser un chrono. Mais avec ce vent de face sur une grande partie de parcours, c’était trop dur. Mais bon, ça fait toujours du bien de remporter une telle compétition”.

Surtout avec autant de facilité ; le sochalien Eric Laureillard, son second, convenait qu’il n’y avait rien à faire contre lui « Je sors à peine de ma préparation en cross pour les championnats de France. Ce n’est pas du tout la même discipline, ni le même entraînement. Ceci dit, il marchait très fort et même en étant bien préparé cela aurait été difficile de rivaliser avec lui ».

Comme il aura été difficile dans cette même épreuve mais dans la catégorie féminine cette fois-ci, de rivaliser avec l’intouchable Annie Troussard “J’ai battu le record du parcours de près de cinq minutes, mais je voulais surtout battre mon temps personnel. Avec le vent de face, c’était pratiquement impossible. En plus, je suis partie trop vite sur les cinq premiers kilomètres, je l’ai payé par la suite”.

Heureusement, pourrait-on dire, sinon c’est peut-être elle qui aurait menacé la suprématie de Colomina.

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